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Quelques bases

Pour comprendre de quoi nous parlons, il nous faut d’abord définir ces deux concepts importants :

  • le comportement
  • l’environnement, qui inclut :
    • les antécédents et principalement la motivation et les stimulus discriminatifs
    • les conséquences qui se déclinent en renforcement, extinction et punition

 

L’ABC (Antecedent – Behavior – Consequence) de l’ABA

 

Les antécédents évoquent ou déclenchent le comportement qui produit des conséquences. Les conséquences auront un effet sur l’émission FUTURE du comportement.

 

Un comportement :

C’est tout ce qu’une personne fait et qui a un impact sur son environnement. Le comportement a pour caractéristiques d’être observable et mesurable (fréquence, intensité, latence, magnitude, …)

Exemple de comportement : taper à l’ordinateur (la personne est active)

Contre-exemple : avoir froid (la personne n’est pas active, elle subit)

Cette notion est importante car c’est sur les comportements que nous travaillons : les augmenter, les diminuer, en faire émerger de nouveaux, en faire disparaître.

Si un comportement n’est pas défini précisément, on ne pourra pas travailler dessus. Je m’explique.

Quand on construit un projet éducatif, on peut définir des buts, des projets à plus ou moins long terme (ex : se faire des amis, râler moins, …) et c’est important pour donner une direction à notre action. Cependant, des buts tels que « avoir plus d’imagination » sont trop vagues. Il faut « opérationnaliser » les buts en objectifs comportementaux (observables et mesurables) pour que les éducateurs, parents et autres personnes qui ont une action éducative auprès de l’élève puissent savoir quoi faire pour atteindre le but. Un même but peut se décliner en objectifs comportementaux différents pour deux élèves différents.

Par exemple, pour l’un, « avoir plus d’imagination » se traduira par jouer à des jeux de construction type légo © en changeant de construction à chaque fois.

Pour un autre élève, ce sera de pouvoir écrire une rédaction d’une page de cahier sur un sujet parmi 15 différents.

ABC ligne

L’environnement :

C’est tout ce qui nous entoure, c’est le contexte dans lequel les comportements se produisent.
Dans l’environnement, il y a deux choses qui nous intéressent particulièrement car elles ont un impact sur nos comportements : les antécédents et les conséquences.

Les antécédents incluent tout ce qui se produit AVANT nos comportements et qui participe à les déclencher. Parmi les antécédents, on trouve la motivation et les SD ou stimulus discriminatifs.

  • la motivation : c’est le moteur de nos actions spontanées, comme demander sa route quand on est perdu, ou pour un enfant, dire « chante » quand il veut que l’on chante.

La motivation fait que l’on s’engage dans des comportements pour satisfaire le besoin créé par cette motivation. Il est donc intéressant de pouvoir « manipuler » cette motivation pour créer des situations où l’enfant aura envie de telle ou telle chose et travaillera pour les obtenir.

  • les Sd ou stimulus discriminatifs. Plus simplement, il s’agit des consignes, images et autres signaux qui indiquent quel comportement est attendu (et sera récompensé).

Par exemple, un panneau «boulangerie» deviendra un Sd quand j’ai faim et suivre la direction m’assurera de satisfaire ma faim. Pour un enfant par exemple, nous aurons pour but qu’un certain nombre de consignes deviennent des Sd en récompensant ses comportements de coopération, ce qui est important pour une intégration scolaire et sociale.

Les conséquences incluent tout ce qui se produit APRES nos comportements et qui participe soit à les maintenir, voire les augmenter, soit à les diminuer, voire les faire disparaître.

  • Maintenir, voire augmenter les comportements (souhaitables) : dans ce cas, la conséquence est du renforcement. C’est le principe le plus utilisé en ABA, particulièrement le renforcement positif qui consiste à amener une conséquence agréable après le comportement dans le but qu’il se réémette plus tard dans les mêmes conditions. dessin trampoline

Par exemple, un enfant peu coopérant qui adore des images de Dora. Je lui demande de mettre ses chaussures et il les met, dans ce cas, je vais le féliciter et lui donner une image de Dora (renforçateur). Ces renforçateurs « artificiels » ont pour but de s’estomper (de devenir moins fréquents) au fur et à mesure que l’élève coopère de mieux en mieux.

  • Diminuer, voire faire disparaître les comportements (non souhaitables) : dans ce cas, on peut avoir recours à l’extinction, au renforcement différentiel ou à la punition. Un comportement non souhaitable, comme n’importe quel comportement, se produit parce qu’il est renforcé. Il est donc important d’identifier la source de renforcement qui maintient le problème de comportement : c’est l’évaluation fonctionnelle. Quand on a identifié ce qui maintient un comportement (par exemple, un élève donne incessamment des coups dans la table pour avoir l’attention de l’enseignant), on peut supprimer la source de renforcement et enseigner un comportement de remplacement, voire punir le comportement.
    • Supprimer la source du renforcement (dans notre exemple : l’attention de l’enseignant : l’enseignant ne réagira plus quand l’élève tapera sur la table) : c’est l’extinction, que l’on accompagne presque toujours de l’enseignement d’un comportement de remplacement.

     

    • Enseigner un comportement de remplacement. Si l’élève n’arrive plus à obtenir de l’attention en tapant sur la table, il produira d’autres comportements pour obtenir de l’attention (qui est dans ce cas le renforçateur). enfant roues camionLe but n’est pas qu’il crie ou monte sur sa table pour attirer l’attention. C’est pourquoi, tout en ne renforçant plus les tapes, il est important d’enseigner une manière « correcte » de demander de l’attention, par exemple en levant la main, en appelant l’enseignant, … : c’est le renforcement différentiel.

     

    • Punir le comportement-problème : punir en ABA signifie donner des conséquences qui auront pour effet de diminuer le comportement. On peut :

- donner une conséquence désagréable : c’est la punition positive (par exemple, faire une réprimande ou demander à la personne de réparer des dégâts occasionnés)

- retirer une conséquence agréable : c’est la punition négative (par exemple, débrancher la Wii ©, à laquelle les enfants jouaient en se chamaillant)

Je ne m’étendrai pas sur la punition car ce n’est classiquement pas un traitement de choix en ABA pour 2 raisons principales :

  • les procédures basées sur le renforcement (comme le renforcement différentiel) sont bien plus efficaces et se maintiennent mieux dans le temps que celles basées sur la punition (qui peuvent également avoir des conséquences émotionnelles négatives)
  • si on a le choix entre une procédure plus restrictive (punition) ou moins restrictive (manipulation d’antécédents, renforcement, …), l’éthique nous dicte de choisir le second type de procédures

On peut cependant avoir recours à la punition pour des troubles du comportement graves qui nécessitent une intervention d’urgence ou quand des procédures moins restrictives ont échoué.